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Transatlantic Blog

Elizabeth Warren pourrait s’inspirer d’Emmanuel Macron

Traduit de l’américain par Benoît H. Perrin.

Une caricature publiée juste après la chute du mur de Berlin montrait deux voyageurs allant dans des directions opposées. L’un personnifiait les anciens pays du bloc de l’Est et l’autre les alliés de l’OTAN. Les deux se rencontraient au moment où les pays du Pacte de Varsovie s’éloignaient du socialisme, alors que l’Occident s’y précipitait.

Bientôt, ces personnages pourraient symboliser la France et les États-Unis.

En effet, aujourd’hui, nos deux nations pourraient bien être représentées par deux personnes en particulier : Emmanuel Macron et Elizabeth Warren. James C. Capretta, de l’American Enterprise Institute, met en regard leurs propositions de réforme des retraites et de la sécurité sociale dans un nouvel article pour RealClearPolicy.

Il ne fait aucun doute qu’un problème de retraites se pose dans les deux pays. La Fondation iFRAP, un think-tank français, note que même les chiffres actuels sur les retraites masquent la profondeur du problème : « Si aujourd’hui notre système est comptablement à l’équilibre c’est grâce aux 32 milliards d’euros que le système de retraite reçoit d’autres régimes. [...] Ces chiffres ne prennent pas en compte le déficit du régime de retraite des fonctionnaires, que l’on peut estimer entre 6 et 10 milliards d’euros, financés directement par le budget de l’État. » Et il y a longtemps que les politiciens américains ont fait main basse sur le fonds de Social Security pour financer d’autres programmes de dépenses.

Macron veut rationaliser les quarante-deux régimes de retraite distincts de la France en un seul système national unifié. Le gouvernement a également suggéré dans un premier temps de faire passer l’âge de la retraite de 62 ans à 64 ans. « Parmi les trente-six pays de l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE), seuls les hommes au Luxembourg prennent leur retraite plus tôt (59,7 ans en moyenne) », note Capretta.

Mais le pays a fait face à de nombreuses protestations, dont une grève du transport ferroviaire en avril 2019. Les grévistes réclamaient par exemple le droit, pour les employés des chemins de fer, de prendre leur retraite à taux plein dès 52 ans. Emmanuel Macron a proposé que les travailleurs cotisent plus longtemps au système avant de prendre leur retraite. Le système « à points », qui serait plus proche du modèle américain de Social Security, pourrait encourager les Français à entrer plus jeunes sur le marché du travail. À noter que le taux de chômage de la jeunesse en France est supérieur de dix points à celui de l’Allemagne.

Le programme de Warren, à l’inverse, propose d’augmenter les cotisations de Social Security de 200 dollars par mois, de supprimer le plafond d’imposition pour les contribuables les plus riches et, pour la première fois, de taxer les revenus d’investissement pour contribuer au financement des retraites. Cette mesure ferait passer le programme de Social Security d’un fonctionnement proche de celui d’un fonds de pension, adossé sur les cotisations des travailleurs, à un système d’État-providence plus explicite visant à redistribuer les richesses.

Capretta énumère d’autres difficultés liées à la proposition et conclut :

Macron et Warren ont des objectifs différents. Lui, veut une réforme qui favorise la croissance économique tout en protégeant les personnes âgées et la cohésion sociale. Elle, veut redistribuer les revenus (et envoyer un signal aux électeurs pour la primaire démocrate).

Macron, malgré tous ses défauts, a fait campagne sur l’espoir de revigorer l’économie française en l’ouvrant à plus d’investissements et en introduisant de la flexibilité dans son marché du travail, réputé rigide. Warren capitalise sur l’image favorable de la jeunesse pour le socialisme et un État fort. Elle propose taxes et dépenses publiques comme la panacée.

Les chrétiens doivent aller au-delà des promesses de campagne. Ils doivent comprendre le rôle douloureux et paralysant que l’État-providence a joué dans l’histoire de l’Occident. À ce moment-là, lorsque nous réfléchirons à notre avenir, nous pourrons exercer « la mère de toutes les vertus » : la prudence. Sinon, les États-Unis risquent de croiser le chemin de la France, en marche vers la stagnation économique.

(Photo credit: Frederic Legrand - COMEO / Shutterstock.com. Editorial use only.)

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Rev. Ben Johnson is a senior editor at the Acton Institute. His work focuses on the principles necessary to create a free and virtuous society in the transatlantic sphere (the U.S., Canada, and Europe). He earned his Bachelor of Arts in History summa cum laude from Ohio University and was inducted into Phi Beta Kappa.