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Tuesday, Nov. 30 - 4pm to 8pm

Transatlantic Blog

Une écologie de marché pour collaborer avec la nature

Par Joseph Sunde. Traduit de l’américain par Benoît H. Perrin.

À une époque d’industrialisation rapide et d’accélération permanente de l’évolution technologique, beaucoup estiment que l’environnement est négligé et qu’une catastrophe majeure est imminente. Ces préoccupations sont parfois fondées sur une vision pessimiste des possibilités économiques. Dans une telle vision du monde, si on laissait plus de place à la propriété individuelle, on irait certainement vers une exploitation encore plus dangereuse.

Pourtant, l’histoire de la récente liberté économique et de la prospérité qui l’accompagne semble brosser un tableau différent. L’expansion de la propriété économique nous aide en réalité à mieux protéger et préserver nos environnements naturels.

L’ingrédient secret de cette réussite est bien l’utilisation des droits de propriété. Cet outil protège, et souvent inspire, une gestion sage, créative et collaborative des biens.

Dans un récent court métrage pour le think tank américain Hoover Institution, Terry L. Anderson explique cette réalité. Il montre que les causes profondes des problèmes environnementaux sont le plus souvent un manque ou une perversion de la propriété individuelle, et non un excès.

 

 

Anderson explique : « Pour faire simple, les problèmes environnementaux sont la conséquence de la “tragédie des communaux”. Ce phénomène se produit lorsque l’accès illimité à certaines ressources (forêt, rivières, air, etc.) peut entraîner des nuisances. Le problème est que personne n’a un intérêt personnel à prendre soin d’un bien qu’il ne possède pas. »

Le scénario du film Le Lorax est un classique du genre. Des entrepreneurs égoïstes envahissent une forêt et la privent de ses ressources naturelles, puis disparaissent sans réparer les dégâts. Un tel comportement est bien sûr prévisible dans un cadre de propriété commune plutôt que privée.

La solution, selon lui, est « l’écologie de marché » (free market environmentalism) :

Dans ce paradigme, on a recours à des mesures incitatives du marché pour promouvoir la gestion de l’environnement. Les propriétaires fonciers ne surexploitent pas leurs terres. Les propriétaires forestiers ne surexploitent pas les arbres. Par exemple, les sociétés forestières [...] possèdent des milliers d’hectares de forêts qu’elles gèrent de façon durable. Cela explique pourquoi la surface forestière s’est accrue au cours des cent dernières années.

 

Le sujet de la gestion des cours d’eau illustre le contraste entre une approche réglementaire et l’écologie de marché. De plus en plus, on entend des appels à maintenir plus d’eau dans les rivières pour les poissons et pour la flore. Pour garantir de l’eau aux poissons menacés d’extinction, certains écologistes ont engagé des actions judiciaires pour obliger les agriculteurs à cesser d’irriguer. Il n’est pas surprenant que ces agriculteurs, qui ont le droit de détourner l’eau pour irriguer leurs champs, résistent. Cela entraîne des batailles juridiques longues et coûteuses… et laisse les poissons à sec. Les marchés de l’eau offrent une solution qui remplace le conflit par la coopération et la conservation.

Les pouvoirs publics peuvent jouer un rôle précieux, mais pas par la sur-réglementation ou la micro-gestion de l’activité humaine. L’accent devrait plutôt être mis sur la protection de notre liberté individuelle de posséder et de gérer des biens, tout en offrant des incitations appropriées pour gérer et maintenir notre environnement en fonction des défis et des nécessités de chaque situation.

« En aidant à définir et à faire respecter les droits de propriété, le gouvernement encourage le marché et fait en sorte que l’environnement et les biens soient conservés », explique Anderson. « Les écologistes pragmatiques utilisent les marchés pour atteindre leurs objectifs de manière plus efficace et moins acrimonieuse. De tels écologistes s’appliquent à trouver les moyens qui fonctionnent. »

Dans une telle approche, ce n’est pas seulement l’environnement qui sortira gagnant. Nous aurons nous-mêmes plus de chances de nous épanouir. Nous serons libres, sans pour autant nous dégager de toute responsabilité envers notre création.

Lorsqu’on nous donne la propriété réelle de ressources précieuses, nous empruntons une voie de formation unique en tant que créateurs, innovateurs, entrepreneurs et travailleurs. Nous ne prendrons pas toujours les bonnes décisions, et nous échouerons souvent, mais quand on nous donne la liberté dans le processus de collaboration et de conservation, nous commençons à réaliser une partie de notre vocation fondamentale en tant qu’êtres humains forgés à l'image d'un Dieu Créateur.

Cet appel est détaillé dans le deuxième épisode de The Good Society, une série de films produite par Acton Institute :

Les possibilités qu’offre l’écologie de marché sont cruciales si nous voulons maintenir une imagination culturelle pour ce à quoi devraient ressembler la gestion réparatrice et le service créatif. Au lieu de craindre constamment notre incapacité à être de bons intendants, nous devrions plutôt accroître notre capacité à nous occuper d’une situation de “tragédie des communaux” et à la transformer pour le bien commun.

Pour en savoir plus sur l’écologie de marché (free market environmentalism), on peut se référer à la page de ressources d’Acton Institute (en anglais) sur le sujet.

Joseph Sunde est rédacteur en chef adjoint et auteur pour les publications d’Acton Institute. Ses travaux sont diffusés dans de nombreuses revues américaines. Il réside à Minneapolis avec sa femme et ses quatre enfants.

This is a French language translation of the original article, "Free market environmentalism: Conserving and collaborating with nature" by Joseph Sunde, translated into French by Benoît H. Perrin.

 

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Joseph Sunde is an associate editor and writer for the Acton Institute. His work has appeared in venues such as The Federalist, First Things, The City, The Christian Post, The Stream, Charisma News, Juicy Ecumenism, Ethika Politika, Made to Flourish, and the Center for Faith and Work. Joseph resides in Minneapolis, Minnesota with his wife and four children.